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France: l'essence prend quelques centimes, en lien avec la guerre au Moyen-Orient
information fournie par AFP 04/03/2026 à 14:42

Le gouvernement français s'attend à "une hausse de quelques centimes" des prix du carburant à la pompe en raison de la guerre au Moyen-Orient, et a prévenu que des contrôles auront lieu pour s'assurer que ces hausses soient "raisonnables" ( AFP / Valentine CHAPUIS )

Le gouvernement français s'attend à "une hausse de quelques centimes" des prix du carburant à la pompe en raison de la guerre au Moyen-Orient, et a prévenu que des contrôles auront lieu pour s'assurer que ces hausses soient "raisonnables" ( AFP / Valentine CHAPUIS )

Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient commencent à se faire sentir à la pompe des stations-service françaises: le gouvernement constate "une hausse de quelques centimes" des prix et a prévenu que des contrôles auraient lieu pour s'assurer que cette augmentation reste "raisonnable".

Le prix de l'essence "augmente de quelques centimes actuellement", a indiqué mercredi le ministre de l’Économie Roland Lescure sur Franceinfo, une hausse "normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole", selon lui.

D'après les relevés quotidiens des prix des stations centralisés par Bercy, le litre de SP95-E10 se vend mercredi en moyenne pour 1,77 euro, 5 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran.

Roland Lescure a toutefois appelé à "garder son sang-froid". "Il n'y aura pas de pénurie nationale", a-t-il tempéré.

La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a, elle, déclaré qu'"à court terme, on pouvait s'attendre à une hausse de quelques centimes, contenue et limitée", en précisant qu'il s'agissait d'une moyenne, sur BFMTV/RMC.

"Pour la suite, cela dépendra de l'intensité du conflit", dit-elle, assurant qu'il n'y avait "aucun risque de rupture d'approvisionnement" en carburants en raison de "stocks" et d'importations diversifiées.

"J'ai demandé à la DGCCRF", la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, qui dépend du ministère de l’Économie, "de faire des contrôles" pour s'assurer du caractère "raisonnable" des hausses, a déclaré Roland Lescure.

- "Achats de précaution" -

Dimanche soir, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, qui sont leaders français de la grande distribution, avait estimé sur X qu'une "nette hausse des marchés" d'hydrocarbures était "à prévoir".

L'enseigne assure mercredi n'avoir pas de problème pour le réapprovisionnement des cuves de ses stations-service, bien que "le début de semaine a été marqué par un phénomène d'achats de précaution et une demande deux fois supérieure à la normale".

Elle a constaté "une progression modérée de 7 centimes par litre" sur le prix des essences et "un impact de 26 centimes par litre" sur le diesel, selon un message écrit à l'AFP.

Du côté du 3e distributeur, les Mousquetaires/Intermarché, "on remarque, depuis le début de la semaine, une hausse de 50% en volume" des ventes de carburant, a indiqué à l'AFP le distributeur.

Dans ce genre de situation, les consommateurs ont tendance à anticiper d'éventuelles hausses et pénuries en s'approvisionnant plus tôt qu'ils ne l'auraient fait habituellement, ce qui peut entraîner des files d'attente voire quelques ruptures temporaires.

Le spécialiste de la grande distribution Olivier Dauvers a évoqué mercredi sur LinkedIn une "seconde journée de folie" mardi "aux pompes des grandes surfaces", bien que la peur d'une pénurie soit "infondée à horizon visible" mais sous l'effet d'une crainte de "l'envolée des prix".

Soulignant la "grande imprévisibilité sur l'étendue du conflit dans le temps et dans l'espace", Maud Bregeon a estimé mercredi qu'il était "beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives".

Interrogée sur l'éventualité de mesures à prendre pour compenser une hausse marquée, elle a répondu qu'il était "beaucoup trop tôt pour parler de cela" et que la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d'Ormuz, porte d'accès au Golfe, par lequel transite quotidiennement une partie significative du gaz et du pétrole mondial.

Mme Bregeon a notamment jugé "précipitée" la proposition de la cheffe des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen plus tôt mercredi sur RTL de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses.

Le RN réclame depuis plusieurs années une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Le président du parti Jordan Bardella a appelé lundi sur X à baisser l'accise sur les produits pétroliers (ex TICPE), disant qu'"il ne serait pas tenable que l’État s'enrichisse sur le dos des Français en profitant de la crise internationale".

Maud Bregeon a jugé "inconcevable" de baisser TVA et TICPE, ce qui constituerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat.

11 commentaires

  • 15:45

    On doit être ravitaillé par les corbeaux en Bretagne, lundi gazole 1,649, hier 1,809 et ce jour 1,839 soit la bagatelle de 18 % ou 19 centimes. Mes chers élus allez faire le plein à la pompe pour juger!!!! Oups ils n'ont pas de voiture mais des chauffeurs...


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